

Après un thé convivial en compagnie des membres du Comité de développement et des échanges bien sympathiques, nous partons à la découverte de l’école, des professeurs et des enfants… Là, ce fut un moment d’émotion extraordinaire... chacun de nous vous le dira ! Les cœurs se sont remplis de joie face à l’accueil débordant de bonheur des enfants et des professeurs. Les bras remplis de fleurs, ils nous ont offert un moment rare, un de ces moments dont on se souvient toute une vie, un moment où les mots sont superflus, où les regards suffisent à raconter l’indicible. Pas besoin d’interprète. Nous étions couverts de fleurs, de rires, de larmes…

Passé cet instant de communion, nous avons visité l’école guidés par le principal et un professeur : quelques bâtiments vétustes nantis de quelques tables et bancs sans âge et d’un tableau noir par classe. Des water-closets à la turque pas très encourageants, mais des water-closets quand même. Un environnement et une atmosphère somme toute bien tristes, sans attrait pédagogique…
Pour le principal, c’est un grand moment et il témoigne de sa joie quand il dit « jusqu'à ce jour, jamais personne, jamais une seule association n'est arrivée jusqu'à nous... nous sommes trop éloignés de Katmandou et il faut grimper dans les collines… ».
Une information importante est aussi à signaler : nous avons appris que cette école accueille essentiellement les enfants dalits - ou « intouchables » - c'est-à-dire les enfants de la classe la plus défavorisée du Népal. Nous sommes donc confortés dans notre choix et avons senti l'extrême importance de notre présence auprès d'eux, tout l'espoir que nous leur apportions.


L’école accueille 45 enfants à la rentrée du 15 avril 2009 pour les classes 1 à 4 et 25 enfants en maternelle. L’enseignement est dispensé par trois instituteurs employés par le gouvernement ; le Comité de développmeent du village emploie deux auxiliaires pour la maternelle et une femme de ménage.
Le soutien de l’association doit donc optimiser le fonctionnement de l’école tant en termes d’équipements que de fréquentation (il faut savoir que l’école n’est pas obligatoire pour les petits Népalais et qu’ils sont volontiers retenus à la maison pour pourvoir aux travaux des champs, surtout les filles).
Les besoins exprimés sont très importants et se déclinent ainsi :

Nous avions prévu un premier budget afin de pourvoir à des équipements durant notre séjour : nous avons donc financé la réalisation de meubles de rangement, d’armoires, de tables et de chaises, ainsi que l’achat de ballons et de cordes à sauter pour les plus grands, de coussins pour asseoir les tout-petits, de jeux d’éveil, de crayons de couleur et de papier, de cahiers pour la maternelle… et nous avons offert un goûter avec de délicieux biscuits.
Un comité de parents et un projet de coopérative autour de l'école
Afin de bien cerner les tenants et aboutissants du fonctionnement de la société népalaise et ne pas commettre d'impairs en nous immisçant maladroitement dans le fonctionnement du système éducatif, nous nous sommes adjoints les services d'un ami népalais que nous connaissons bien, Pramod Khakurel.
Pramod a une formation d'ethnologue et a travaillé dans le micro-crédit au sein de PlaNet Finance : organisation de solidarité internationale dont la mission est de réduire la pauvreté dans le monde par le développement de la microfinance… Il travaille souvent avec des chercheurs du CNRS/Paris dans le cadre de recherches en ethnologie. Il aide les Népalais excentrés de la capitale, dans les petits villages qui peuplent les collines et la haute montagne, à s'organiser pour construire des projets utiles à la vie quotidienne : amener l'eau dans un village par exemple, ou bien encore créer une école…
Il connaît bien la psychologie népalaise, les fonctionnements et les raisonnements.


Il nous a proposé d'aider les responsables de l'école de Dahachowk à créer un comité de parents engagés afin d'instruire l'ensemble des parents sur l'importance de la scolarisation de leurs enfants, sur la nécessité de donner priorité à l'éducation. Il nous propose aussi de les aider à créer une coopérative dans laquelle l'association serait partie prenante mais n'assumerait pas la totalité des charges de fonctionnement à l'avenir : fournitures scolaires, uniformes… Cette forme de gestion de l'école permettrait de leur éviter la dépendance totale et, en outre, de venir en aide aux autres écoles de la communauté de villages de Dahachowk.